Quand la passion appelle… mais l’agenda dit non

 Le surf a cette manière bien à lui de vous happer. Une vague bien placée un dimanche matin et voilà que votre esprit s’échappe au bureau dès le lundi, pendant une réunion ou entre deux mails, à rêver d’eau salée et de take-offs bien lancés. Pour beaucoup, le dilemme est réel : comment rester connecté à sa passion du surf sans sacrifier sa carrière ni culpabiliser de rater une session parfaite un mardi matin ?



Se lever tôt, une discipline plus qu’une contrainte

“Je surfe avant que la ville se réveille”

Julien, 38 ans, chef de projet digital à Nantes, travaille en télétravail trois jours par semaine et passe les deux autres en présentiel à Quimper. “Je dors dans mon van le long de la côte sud-Finistère dès le dimanche soir. Le lundi matin à 6h30, je suis à l’eau. C’est mon café à moi.” Pour lui, le secret, c’est l’organisation, pas la quantité.

Le créneau du matin devient alors sacré : pas de téléphone, pas de mail, juste une session d’une heure avant de se connecter. Et même si certains matins sont rudes, il assure que l’énergie que ça lui donne vaut largement les 30 minutes de sommeil perdues.

Adapter son rythme… et savoir lâcher prise

Mathilde, avocate à Rennes et surfeuse depuis 15 ans, raconte avec une sincérité touchante : “Avant, je voulais tout faire. Être une bête au boulot et enchaîner les sessions comme si j’étais encore étudiante. Résultat : je me suis blessée, j’étais fatiguée, frustrée.”

Elle a mis du temps à comprendre que le surf n’a pas besoin d’être quotidien pour être essentiel. Aujourd’hui, elle cale ses sessions sur les week-ends, les jours de RTT et les vacances. “Je fais un stage de surf Bretagne tous les étés, comme un rendez-vous que je m’offre. Ça me suffit pour me reconnecter.”

Un agenda qui s’adapte à la marée

Travailler autour des horaires de surf

Le secret n’est pas toujours dans le volume, mais dans la précision. Léo, photographe freelance basé à Douarnenez, a organisé sa vie autour des marées. “Je consulte les prévisions comme d’autres consultent la météo agricole. Si c’est offshore à marée haute, j’organise mes shoots avant ou après. Mon ordi m’attend, pas la vague.”

Ce mode de vie, qui peut paraître chaotique de l’extérieur, demande en réalité beaucoup de rigueur. Mais quand les priorités sont claires, l’organisation suit naturellement.

Optimiser les périodes de surf sans bousculer sa vie pro

Même ceux qui travaillent en horaires fixes trouvent des moyens d’accorder du temps au surf. Le secret ? Anticiper, s’équiper, et rester flexible :

  • Prévoir des créneaux courts mais réguliers dans la semaine (30 à 45 minutes suffisent parfois)

  • Organiser ses déplacements pro en bord de mer quand c’est possible

  • Investir dans un bon matériel pour ne pas perdre de temps à préparer sa session

  • Trouver un ou deux partenaires de session fiables, qui motivent même quand il fait gris

  • Accepter que certaines semaines seront sans surf… mais que d'autres compenseront largement

Le surf comme soupape de décompression

Pour beaucoup, le surf n’est pas une activité “à faire”, mais un espace de respiration. Pauline, 29 ans, développeuse web à Brest, décrit ses sessions comme un “sas entre deux pressions”. Elle explique : “Quand je suis en train de ramer, je ne pense plus au client relou ou au bug de la veille. Je suis juste concentrée sur la vague, le courant, ma planche.”

Cette coupure, même courte, a des effets bénéfiques sur le mental. C’est un reset complet, sans écran ni bruit, avec juste le vent, l’eau, et parfois un sourire échangé entre deux surfeurs au pic.

Des vacances totalement dédiées

Il y a ceux qui surfent à l’année, et ceux qui vivent leur surf en intensité sur quelques semaines. C’est le cas de Damien, 47 ans, directeur commercial à Paris. “J’ai compris que je ne pourrais pas intégrer le surf dans mon quotidien. Alors j’en fais une retraite annuelle. Deux semaines en été, et parfois une en automne, en Bretagne ou au Portugal.”

Ces moments, bien que rares, sont vécus pleinement. Damien suit régulièrement un stage de surf Bretagne, pour se remettre dans le bain. “Je repars lessivé… mais heureux.”

Trouver son équilibre sans frustration

Ni surentraînement, ni renoncement

Le plus dur reste souvent de ne pas tomber dans la comparaison. On voit des vidéos de surfeurs toujours à l’eau, des stories de sessions parfaites à 10h un mardi, et on se dit qu’on rate quelque chose. Mais la réalité, c’est que chacun a son rythme, ses contraintes, ses saisons de surf.

Savoir que son surf n’a pas besoin d’être permanent pour être intense, ça change tout. L’important, c’est la qualité de ce que l’on vit à l’eau, pas la quantité.

Trouver sa vague, sans perdre pied

Concilier surf et vie pro, c’est un ajustement permanent. C’est accepter que parfois on manque une session parfaite à cause d’une réunion de dernière minute… et que parfois, on vit des sessions magiques, parce qu’on a su s’organiser, s’écouter, et ne rien forcer.

Ce qui compte, ce n’est pas de tout caser. C’est de se sentir vivant quand on rame vers le large, même à 6h du matin, même pour 30 minutes. Et de repartir au boulot, cheveux mouillés, avec l’impression d’avoir déjà gagné quelque chose avant même d’avoir allumé son ordi.


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